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Déclaration commune - Conseil des entreprises

7 mai 2026

Messieurs les ministres,

Les signaux économiques sont préoccupants.

La croissance a été nulle au premier trimestre 2026. La consommation ralentit, l’investissement recule, et l’emploi privé est en baisse depuis déjà plusieurs trimestres. En 2025, 70.000 entreprises ont disparu, tandis que le chômage repart à la hausse.

Et les perspectives ne sont pas plus rassurantes.

La flambée des prix de l’énergie, combinée aux nouvelles menaces de Donald Trump contre le commerce international, risque de freiner encore davantage notre économie.

L’offensive commerciale et technologique chinoise s’intensifie sur un nombre croissant de secteurs : de l’industrie au commerce.

Nous sommes pleinement conscients des contraintes budgétaires qui pèsent sur les finances publiques. Et nous saluons la volonté affichée du Gouvernement de tenir l’objectif de 5% de déficit en 2026, avec l’ambition de revenir sous les 3% d’ici à 2029.

Mais dans ce contexte, il est essentiel de donner de la visibilité et de la confiance aux entreprises. Les chefs d’entreprise, de la TPE au grand groupe, quels que soient leur taille, leur secteur ou leur territoire, ont besoin de savoir comment le Gouvernement compte répondre à un double défi : protéger les entreprises et les ménages les plus fragiles, tout en maintenant cet objectif budgétaire de 5%.

Car la crise au Moyen-Orient ne peut plus être considérée comme un épisode temporaire. Ses conséquences sont déjà très concrètes : ce sont 6Mds EUR d’économies supplémentaires qu’il faut désormais trouver.

Et il serait contreproductif d’aller chercher ces économies du côté des entreprises. Toucher aux exonérations de charges ou alourdir la fiscalité serait une erreur.

Les entreprises sont déjà fragilisées par la hausse des coûts, par les tensions sur les marges, et par les négociations salariales qui vont inévitablement suivre la revalorisation du SMIC.

Imposer une double peine au secteur privé aurait des conséquences lourdes : davantage de destructions d’emplois, un ralentissement économique plus marqué mais aussi en définitive un impact négatif sur les finances publiques elles-mêmes.

Ce serait le risque d'entrer dans une crise économique et sociale beaucoup plus profonde.